Bilingual space for queer & feminist writing – French & english textual experimentations

Alizée Pichot écrit les idées, les émotions, les images et les passions des êtres qui vivent et qui espèrent.

Feminist Revolutionary – Queer disobedient.

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Une craque dans la terre sèche,

Une faille profonde pour faire tomber les rêves,

Quelque part pour boire de l’eau  –

L’espace est grand, tout comme les femmes,

Elles sont grandes et de leurs yeux coulent des larmes,

Bleues.

Nous étions mille,

Nous étions cent,

Nous étions celles qui savent et le monde ne sait pas ce qui se joue entre nos lèvres,

Aux armes citoyen.ne.s

Marseille, centre-ville, mai 2027 Autour de la table, cinq corps fébriles. 7h30 – Il est trop tôt pour boire mais les verres de whisky s’alignent au milieu des cendriers où des morceaux de papiers brulent. Louison fume cigarette sur cigarette, elle a un pied dans le jour, l’autre dans la nuit. Gab a pris la main de Louison et la serre fermement. Il la connaît depuis quelques mois à peine mais ne voit déjà plus sa vie sans elle. Tout le monde s’inquiète de ce qu’il se passera dans quelques heures. Louison est la seule qui a été appelée officiellement. Marie répond qu’il n’y a plus rien d’officiel et elle refuse de croire que Louison ira au rendez-vous. Ty et Ju sont silencieux.ses, le regard vers la Canebière qui s’étend tout au bout de la place, iels ont peur, tout le monde a peur, personne ne parle. Le bar du Chapitre est le bar le plus vieux du quartier, ici viennent les habitués, les artistes, les fauché.es, les alcooliques qui viennent pour Sophie, Ahmed et William, piliers du lieu, travaillant chaque jour de 7h à 2h du matin. Depuis six mois l’équipe menée par Louison se réunit au bar trois fois par semaine. Cette fois, c’est à Marseille, pour la vie ou pour la mort, personne ne sait. Iels se disent qu’il est plus facile de faire la révolution tout au milieu du monde, caché.e.s par les paroles et les effusions de celles et ceux qui ne savent pas ce qui se joue.

We are resisting and, in this resistance, inside the processes of not-accepting the status quo, whilst trying to find ways and tools and words and pieces of arts able to incarnate counter-powers to their hate, there is hazard.

I wonder today, beginning this piece, what does it mean to write from this situated standpoint? What does it bring or what does it abduct from my perspective on the affairs of the world we live in?

Copyright Alizée Pichot – 2022